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L’intelligence artificielle dans la pratique contractuelle des avocat·e·s suisses

2025-07-09T14:20:55+02:00

La profession d’avocat·e ne saurait rester insensible aux avancées récentes en matière d’intelligence artificielle générative (IA), dont la démocratisation progressive et le développement rapide pourraient, à terme, modifier certaines pratiques. Pour l’avocat·e rompu·e à la négociation et à la rédaction de contrats, ces évolutions suscitent simultanément un intérêt et des interrogations légitimes.

Face à l’avènement de l’IA, le Conseil de la Fédération Suisse des Avocats (FSA) a adopté en juin 2024 des lignes directrices de la FSA portant sur l’utilisation de l’IA[1]. Ces recommandations offrent un cadre de référence pour une utilisation responsable de l’IA par les avocat.e.s, notamment dans la pratique contractuelle.

Selon les données empiriques du Liquid Legal Institute (2023), 38,2 % des tâches effectuées au sein des études d’avocat·e·s présentent un caractère répétitif et potentiellement automatisable. 55,8 % des études d’avocat·e·s ont identifié la rédaction de contrats comme l’une des principales tâches susceptibles de bénéficier de l’apport de l’IA, après la recherche juridique (79,7 %) et l’analyse de documents (72,1%). L’analyse (44,1%) et la relecture de contrats (40,1%) figurent également dans le top 10 des tâches pour lesquelles les avocat·e·s opteraient pour une optimisation par l’IA[2].

L’avocat·e se trouve ainsi à la croisée des chemins : respecter les règles professionnelles et déontologiques tout en optimisant son efficience par l’utilisation d’outils d’IA. Dans ce contexte, il apparaît pertinent d’examiner de manière nuancée les principales opportunités que l’IA offre dans le cadre de la rédaction contractuelle, tout en gardant à l’esprit les risques spécifiques que son usage soulève.

Les opportunités de l’IA

Gain d’efficacité. Les outils d’IA permettent aux avocat·e·s de générer rapidement des projets de contrats, d’intégrer automatiquement des clauses standardisées ou d’adapter une structure contractuelle à un système juridique spécifique. Cette optimisation libère les praticien·ne·s des aspects les plus rébarbatifs pour qu’ils/elles puissent se concentrer sur les dimensions stratégiques : négociations, personnalisation et anticipation des zones de friction potentielles.

Qualité rédactionnelle optimisée. L’IA contribue à la cohérence terminologique et prévient les contradictions internes ou avec d’autres documents contractuels connexes. Cette harmonisation constitue un facteur déterminant de clarté juridique et, par extension, de sécurité pour les parties contractantes. Cette amélioration qualitative s’inscrit, à notre sens, dans le devoir de diligence prescrit à l’art. 12 let. a de la Loi fédérale sur la libre circulation des avocats (LLCA) et à l’art. 6 du Code suisse de déontologie (CSD), qui exigent que les avocat.e.s exercent leur profession avec soin et diligence. Il peut ainsi être attendu que l’avocat·e intègre dans sa pratique les outils technologiques permettant l’automatisation de contrats si cela a pour effet de réduire les honoraires facturés à ses client·e·s [3].

Anticipation proactive des risques. En analysant d’importants volumes de données juridiques et de cas similaires, les systèmes d’IA peuvent repérer des clauses potentiellement problématiques ou des formulations équivoques. Cette détection précoce permet d’anticiper les litiges éventuels et de renforcer la robustesse des accords. L’IA peut être particulièrement efficace face à la fatigue ou à la surcharge de travail et représenter ainsi un allier efficace dans la prévention d’erreurs.

Personnalisation contextuelle. Certains outils proposent des variantes contractuelles adaptées à des secteurs d’activité spécifiques, à des juridictions déterminées, voire à des profils clients distincts. Dans ce cadre, il suffit à l’avocat·e de correctement et précisément contextualiser sa requête à l’outil d’IA afin d’obtenir de lui les adaptations requises. À titre d’exemple, un modèle de contrat de licence logicielle généré pour un client actif dans la fintech à Genève pourra intégrer par défaut des clauses spécifiques aux exigences de la FINMA, tandis qu’un contrat similaire destiné à une start-up en biotechnologie basée à Bâle mettra davantage l’accent sur la protection de la propriété intellectuelle.

Support argumentaire enrichi. Tant dans la phase préparatoire qu’au cours des négociations, l’IA peut s’avérer un allié stratégique pour l’avocat·e. En amont, elle permet d’identifier les objectifs prioritaires de la négociation, de structurer des scénarios alternatifs et d’anticiper les arguments de la partie adverse, facilitant ainsi l’élaboration d’une stratégie claire. Lors des discussions elles-mêmes, l’IA peut instantanément fournir des suggestions ou des synthèses structurées pour étayer une position ou enrichir une clause, notamment lorsqu’une partie soulève des arguments techniques dans des domaines où l’avocat·e ne dispose pas toujours d’une expertise approfondie. Par exemple, au cours d’une négociation de contrat de partenariat, une partie évoque un mécanisme d’ajustement de prix fondé sur une formule mathématique complexe ; une brève pause peut alors permettre à l’avocat·e de consulter un outil d’IA pour vérifier le calcul et proposer immédiatement une reformulation en adéquation avec les intérêts de son/sa client·e – un soutien appréciable étant donné que les juristes ne sont pas toujours réputé·e·s pour leur affinité avec les mathématiques.

Les risques de l’IA

Dépendance. Les systèmes d’IA ne sont ni omniscients ni infaillibles et les résultats qu’ils produisent peuvent être inexacts ou incomplets. Une supervision humaine demeure indispensable. Une dépendance trop prononcée risque d’engendrer une atrophie de certains réflexes professionnels ou une stagnation des connaissances juridiques, la réflexion critique étant progressivement déléguée à la machine. Il est donc crucial d’examiner de manière critique les réponses obtenues, en les corrigeant ou en les complétant si nécessaire. Dans le contexte de la rédaction contractuelle, cette vigilance s’impose pour éviter de reproduire mécaniquement des modèles inadaptés aux besoins spécifiques des parties.

Biais et hallucinations. Les systèmes d’IA peuvent reproduire, voire amplifier, les biais présents dans leurs données d’entraînement. Plus préoccupant encore, ces outils peuvent parfois générer des informations totalement fictives – phénomène qualifié d’hallucinations. Ces erreurs peuvent provenir notamment de fausses informations en raison d’une base de données insuffisante. Elles surviennent également lorsqu’un modèle d’IA ajuste ses réponses pour qu’elles correspondent au point de vue de l’utilisateur. Ces dérives peuvent aboutir à l’élaboration de documents erronés ou trompeurs en l’absence d’un contrôle rigoureux.

Confidentialité et protection des données. Pour la profession d’avocat, cette problématique constitue un aspect critique au regard du secret professionnel (art. 13 LLCA et art. 4 CSD). Lors du choix et de l’utilisation de tout logiciel, y compris les applications d’IA, il convient de clarifier au préalable ce qu’il advient des données saisies, notamment en identifiant qui y a accès, où elles sont stockées et selon quelles modalités de traitement.

Les lignes directrices de la FSA portant sur l’utilisation de l’IA identifient trois options à la disposition des avocat·e·s pour encadrer l’usage de ces outils dans le respect des exigences légales et déontologiques :

  1. Solution interne. L’application d’IA est installée et exploitée localement sur le réseau de l’étude, garantissant que les données traitées ne quittent jamais son infrastructure, que ce soit pour leur stockage ou leur traitement. Cette solution, la plus opportune, requière des connaissances techniques pointues pour sa mise en place pouvant nécessiter l’intervention onéreuse d’une société spécialisée.
  2. Externalisation conforme. Lorsque le logiciel est fourni par un prestataire externe ou repose sur une infrastructure dématérialisée (cloud) sur un serveur tiers, il convient de respecter strictement les recommandations relatives à l’externalisation informatique, notamment celles édictées par la FSA concernant l’usage de services cloud dans les études d’avocats [4]. Cette obligation est d’autant plus renforcée que le Tribunal fédéral a reconnu qu’un·e prestataire externe peut être qualifié·e d’auxiliaire au sens de l’art. 13 al. 2 LLCA, engageant ainsi la responsabilité de l’avocat·e quant au respect du secret professionnel par cette tierce personne [5].
  3. Consentement éclairé. Il est également envisageable de recueillir le consentement exprès et éclairé du/de la client·e, en établissant une déclaration formelle de renonciation partielle au secret professionnel et à la LPD, à condition que la personne concernée ait été dûment informée des risques encourus.

En l’absence de ces garanties, les informations confidentielles ne devraient en aucun cas être introduites dans des systèmes d’IA. Dans le contexte particulier de la rédaction de contrats qui implique fréquemment de telles informations, une utilisation imprudente de ces outils peut exposer l’avocat·e notamment à des conséquences disciplinaires.

Complexité et coûts d’implémentation. A défaut de mesures garantissant la protection des données, l’avocat·e devra anonymiser les documents avant leur traitement par l’IA, représentant un investissement en temps potentiellement contre-productif. En outre et au-delà des considérations tarifaires, l’intégration effective de l’IA dans une étude nécessite des formations spécifiques, des adaptations techniques et l’élaboration de politiques internes. Or, dans un environnement où la célérité est souvent attendue, ces contraintes techniques peuvent ralentir les processus plutôt que les accélérer.

Responsabilité. Lorsqu’un·e avocat·e recourt à un outil d’IA pour assister la rédaction ou la négociation d’un contrat, et que cette utilisation aboutit à la conclusion d’un accord contenant une clause maladroitement formulée – causant par la suite un préjudice à une partie – la question de la responsabilité se pose. En pareil cas, l’avocat·e demeure responsable de la bonne exécution de son mandat et ne saurait s’exonérer en invoquant une erreur commise par le système d’IA. Cette position concorde avec le devoir de diligence (art. 12 let. a LLCA et art. 6 CSD) pouvant impliquer une compétence technologique étendue [6]. La négociation et la rédaction d’un contrat reste donc un acte engageant pleinement la responsabilité professionnelle de l’avocat·e, quel que soit le degré d’assistance technologique mobilisé. En résumé, l’utilisation d’outils d’IA ouvre de nouvelles situations dans lesquelles la responsabilité de l’avocat·e peut être engagée, sans que cela ne modifie les principes existants [7]. Il est d’ailleurs naturel que celui ou celle qui bénéficie d’un gain d’efficience en déléguant certaines tâches à une IA assume également le risque associé à cette délégation.

[1] Lignes directrices de la FSA portant sur l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA), https://digital.sav-fsa.ch/fr/ki-guidelines (consulté le 3 juillet 2025).

[2] LLI Whitepaper, First Global Report on the State of Artificial Intelligence in Legal Practice, n° 3 2023, p. 22-23.

[3] Chappuis Benoît/Gurtner Jérôme, La profession d’avocat, Genève/Zurich/Bâle 2021, N 177.

[4] Voir : Fédération Suisse des Avocats, Utilisation du cloud dans les études d’avocats, disponible sur : https://digital.sav-fsa.ch/fr/transition-numerique-de-l-etude-utilisation-du-cloud (consulté le 26 mars 2025).

[5] ATF 145 II 229, c. 7 ; voir également Nussbaumer-Laghzaoui Arnaud, L’utilisation d’un espace de co-working par un avocat, in : https://lawinside.ch/777.

[6] Chappuis Benoît/Gurtner Jérôme, La profession d’avocat, Genève/Zurich/Bâle 2021, N 177.

[7] Gurtner Jérôme, Les nouvelles technologies et la responsabilité des avocats : La cybersécurité et l’intelligence artificielle, in : Chappuis Christine/Winiger Bénédict (édit.), Responsabilité civile et nouvelles technologies, Journée de la responsabilité civile 2018, Genève/Zurich/Bâle 2019, p. 72.

Proposition de citation : Greinig Scott, L’intelligence artificielle dans la pratique contractuelle des avocat·e·s suisses, Blog du LexTech Institute, 9 juillet 2025.

Swiss Lawyers and Artificial Intelligence: A Focus on Contractual Practice

2025-07-09T14:25:03+02:00

The practice of lawyers cannot remain unaffected by recent advances in generative artificial intelligence (AI), whose gradual democratisation and rapid development could eventually reshape certain professional practices. For lawyers experienced in contract negotiation and drafting, these developments simultaneously spark genuine interest and legitimate concern.

In response to the advent of AI, the Council of the Swiss Bar Association (SBA) adopted in June 2024 the SBA Guidelines on the Use of AI[1]. These recommendations provide a reference framework for the responsible use of AI by lawyers, including in contractual practice.

According to empirical data from the Liquid Legal Institute (2023), 38.2% of tasks carried out within law firms are repetitive and potentially automatable. 55.8% of law firms have identified contract drafting as one of the main tasks likely to benefit from the use of AI, following legal research (79.7%) and document analysis (72.1%). Contract analysis (44.1%) and contract review (40.1%) also appear among the top ten tasks that lawyers would consider optimising through AI.[2]

Lawyers thus stand at a crossroads: they must comply with professional and ethical rules while improving their efficiency through the use of AI tools. In this context, it is pertinent to assess in a nuanced manner the main opportunities offered by AI in the context of contract drafting, while remaining mindful of the specific risks its use may entail.

Opportunities of IA

Increased efficiency. AI tools enable lawyers to quickly generate draft contracts, automatically insert standard clauses, or adapt a contract’s format and content to the requirements of a particular legal system. This optimisation frees practitioners from the more tedious aspects of the task, allowing them to focus on strategic matters: negotiation, personalisation, and anticipating potential points of friction.

Enhanced drafting quality. AI contributes to terminological consistency and helps prevent internal contradictions or inconsistencies with other related contractual documents. Such harmonisation is a key factor in ensuring legal clarity and, by extension, security for the contracting parties. This qualitative improvement, in our view, falls within the duty of diligence prescribed in Article 12(a) of the Federal Act on the Free Movement of Lawyers (FMLA) and Article 6 of the Swiss Code of Professional Conduct (SCPC), both of which require lawyers to exercise their profession with care and diligence. It may thus be expected that lawyers integrate technological tools enabling contract automation into their practice, particularly where this results in reduced fees for their clients[3].

Proactive risk anticipation. By analysing large volumes of legal data and similar cases, AI systems can detect potentially problematic clauses or ambiguous wording. Early identification of such issues helps prevent future disputes and enhances the robustness of agreements. AI may prove especially effective in situations of fatigue or work overload, acting as a valuable ally in error prevention.

Contextual personalisation. Certain tools offer contractual variations tailored to specific industries, jurisdictions, or even client profiles. In such cases, the lawyer need only formulate a properly contextualised query for the AI tool in order to obtain the necessary adaptations. For instance, a software licence agreement generated for a client active in the fintech sector in Geneva might by default include clauses aligned with the Swiss Financial Market Supervisory Authority (FINMA) requirements, while a similar agreement for a biotechnology start-up in Basel would place greater emphasis on intellectual property protection.

Enhanced argumentative support. Both during the preparatory phase and in the course of negotiations, AI can be a strategic ally for lawyers. Upstream, it allows for the identification of key negotiation objectives, the structuring of alternative scenarios, and the anticipation of opposing arguments—thereby supporting the development of a clear strategy. During negotiations themselves, AI can instantly provide structured suggestions or summaries to substantiate a position or enhance a clause—especially when the other party raises technical arguments in fields where the lawyer may not have in-depth expertise. For example, in the course of negotiating a partnership agreement, one party might refer to a price adjustment mechanism based on a complex mathematical formula; a brief pause would allow the lawyer to consult an AI tool to verify the calculation and immediately propose a revised formulation in line with their client’s interests—an appreciable form of support, given that lawyers are not always renowned for their affinity with mathematics.

Risks of AI

Dependence. AI systems are neither omniscient nor infallible, and the results they produce may be inaccurate or incomplete. Human oversight remains indispensable. Excessive reliance on such systems risks leading to the atrophy of certain professional reflexes or the stagnation of legal knowledge, as critical thinking is progressively delegated to the machine. It is therefore essential to critically examine the outputs generated, correcting or supplementing them where necessary. In the context of contract drafting, such vigilance is imperative in order to avoid mechanically reproducing templates that are ill-suited to the specific needs of the parties.

Bias and hallucinations. AI systems may replicate or even amplify the biases present in their training data. More concerning still, these tools may at times generate entirely fictitious content—a phenomenon referred to as hallucination. Such errors may arise from false information, particularly where the underlying dataset is insufficient. They may also occur when an AI model adjusts its output to align with the perceived expectations of the user. In the absence of rigorous review, these distortions can result in the production of erroneous or misleading documents.

Confidentiality and Data Protection. For practising lawyers, this issue is of critical importance in light of professional secrecy obligations (Article 13 FMLA and Article 4 SCPC). When selecting and using any software, including AI applications, it is essential to clarify in advance what happens to the data entered—specifically, who has access to it, where it is stored, and how it is processed.

The SBA Guidelines on the Use of AI identify three options available to lawyers for ensuring that the use of such tools complies with legal and ethical requirements:

  1. Internal solution. The AI application is installed and operated locally within the law firm’s network, ensuring that processed data never leaves its infrastructure, whether for storage or processing purposes. This solution—by far the most appropriate—requires advanced technical expertise for its implementation and may require the involvement of an external IT specialist for setup purposes.
  2. Compliant outsourcing. When the software is provided by an external supplier or relies on a dematerialised (cloud-based) infrastructure hosted on third-party servers, it is imperative to strictly comply with the recommendations concerning IT outsourcing, particularly those issued by the SBA regarding the use of cloud services in law firms[4]. This obligation is all the more stringent given that the Federal Supreme Court of Switzerland has recognised that an external provider may be considered an auxiliary within the meaning of Article 13(2) FMLA, thereby rendering the lawyer liable for ensuring that the third party respects professional secrecy[5].
  3. Informed consent. It is also possible to obtain the client’s express and informed consent by means of a formal declaration partially waiving professional secrecy and the Federal Act on Data Protection (FADP), provided that the client has been duly informed of the risks involved.

In the absence of such safeguards, confidential information should under no circumstances be entered into AI systems. In the specific context of contract drafting, which frequently involves such information, imprudent use of these tools may expose the lawyer to disciplinary consequences.

Complexity and Implementation Costs. In the absence of safeguards ensuring data protection, lawyers will need to anonymise documents before processing them through AI systems—an effort that may prove time-consuming and potentially counterproductive. Moreover, beyond pricing considerations, the effective integration of AI within a law firm requires specialised training, technical adaptations, and the development of internal policies. In a professional environment where speed is often expected, such technical constraints may hinder rather than streamline internal processes.

Liability.  When a lawyer relies on an AI tool to assist in the drafting or negotiation of a contract, and this use leads to the conclusion of an agreement containing a poorly worded clause—to the detriment of one of the parties—the issue of liability arises. In such cases, the lawyer remains responsible for the proper execution of their mandate and cannot exonerate themselves by invoking an error committed by the AI system. This position is consistent with the duty of diligence set out in Article 12(a) FMLA and Article 6 SCPC, which may entail an extended technological competence[6]. Contract negotiation and drafting thus remain acts that fully engage the lawyer’s professional liability, regardless of the degree of technological assistance involved. In summary, the use of AI tools gives rise to new scenarios in which a lawyer’s liability may be incurred, without altering the underlying legal principles[7]. It is only natural that those who benefit from increased efficiency by delegating certain tasks to AI should also bear the associated risks.

[1] Lignes directrices de la FSA portant sur l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA), https://digital.sav-fsa.ch/fr/ki-guidelines (accessed 3 July 2025).

[2] LLI Whitepaper, First Global Report on the State of Artificial Intelligence in Legal Practice, n° 3 2023, p. 22-23.

[3] Chappuis Benoît/Gurtner Jérôme, La profession d’avocat, Geneva/Zurich/Basel 2021, N 177.

[4] See : Fédération Suisse des Avocats, Utilisation du cloud dans les études d’avocats, disponible sur : https://digital.sav-fsa.ch/fr/transition-numerique-de-l-etude-utilisation-du-cloud (accessed 3 July 2025).

[5] DSFC 145 II 229, reas. 7 ; See also Nussbaumer-Laghzaoui Arnaud, L’utilisation d’un espace de co-working par un avocat, in : https://lawinside.ch/777.

[6] Chappuis Benoît/Gurtner Jérôme, La profession d’avocat, Geneva/Zurich/Basel 2021, N 177.

[7] Gurtner Jérôme, Les nouvelles technologies et la responsabilité des avocats : La cybersécurité et l’intelligence artificielle, in : Chappuis Christine/Winiger Bénédict (eds.), Responsabilité civile et nouvelles technologies, Journée de la responsabilité civile 2018, Geneva/Zurich/Basel 2019, p. 72.

Suggested citation: Greinig Scott, Swiss Lawyers and Artificial Intelligence: A Focus on Contractual Practice, Blog of the LexTech Institute, 9 July 2025

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